Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) élude les problèmes posés par les intervenants.
1. J. Geuns. Le professeur Geuns fut le seul intervenant à avoir affronté, le mot n’est pas trop fort, l’administration de la Santé dans un processus de développement de complément alimentaire, le Stevia, et l’invitation qui lui fut faite d’apporter son témoignage fut essentielle. Mieux vaudrait remercier les organisateurs du colloque de l’avoir invité et l’écouter plutôt que de leur en faire reproche et dénigrer son témoignage. Je n’ai entendu proférer ni insultes ni injures ni diffamation mais un exposé lucide des brimades et obstacles qui furent posés sur son chemin alors qu’il tentait de faire bénéficier la société d’un produit utile. Une campagne féroce et incompréhensible au niveau humain est menée depuis des années par la France, l’Italie et la partie francophone de la Belgique contre l’introduction d’aliments nouveaux utiles. L’accusation qui lui fut immédiatement portée d’obéir à un conflit d’intérêt majeur qui le disqualifie, alors que le CSS, lui, oeuvre de façon désintéressée pour la protection de la santé du consommateur, en est un exemple, d’autant plus désolant que le professeur n’escompte aucun bénéfice monnayé substantiel de son produit. D’aucuns l’ont jugée scandaleuse : accuser un chercheur de tenter de sciemment masquer des caractères toxiques présumés que des scientifiques indépendants et intègres le forceront de mettre à jour, est ahurissante.
Le professeur Geuns ne diffama pas mais exposa : 1. le professeur Angenot, de l’université de Liège et expert permanent au sein de la Commission d’Avis aux Plantes (CAP), proféra injure et insultes envers les nouveaux aliments et ceux qui les proposent dans le journal « Le Soir », en page 19 de son édition du samedi 3 mars 2007. Il y qualifia le marché des plantes de « Far West » alors que la Belgique est un des marchés les plus contrôlés et discrédita ouvertement les laboratoires « qui font n’importe quoi ». La complicité évidente du journal dans cette opération de violent dénigrement, parce que le journal me refusa un droit de réponse, conforte la thèse de J. Geuns concernant la contamination de la vie sociale par les lobbies. 2. Depuis des siècles, toutes les cultures humaines se sont employées à discerner les aliments utiles des toxiques et y sont parvenues. Pour justifier le rejet d’une plante condimentaire entière, la Commission d’Avis aux Plantes (CAP) la supputera potentiellement toxique sans avoir la moindre indication de cela et exigera des preuves d’innocuité exigées normalement seulement de molécules chimiques médicamenteuses (injecter un pâté de Stevia dans les veines d’un rat ?) alors que son innocuité et utilité ont été prouvées par des siècles de consommation assidue sans aucune détection de toxicité.
La stratégie d’attrition pratiquée par la Commission d’Avis aux Plantes est bien rôdée : elle exige des données toxicologiques chez une espèce animale, e.g. la souris. Le chercheur ou l’entreprise s’exécute et rend son analyse 7 ou 8 mois plus tard. Cinq ou six mois plus tard, la CAP fait procéder de même chez le rat. Cette étude prend à nouveau six à sept mois. Après complétion de cette nouvelle étude, la CAP exigera, trois-quatre mois plus tard, le lapin. Ceci fut le sort de la plante « Aspidosperma subincanum (Pao do mato) ». La CAP peut éventuellement envisager par la suite, par principe de précaution « pour prouver la sécurité pour le consommateur », le cobaye, le cochon d’Inde, le chien, le porc et le singe. Ces études très onéreuses et longues conduisent le chercheur à l’abandon et la ruine, la petite entreprise innovante fut maintenue vivante à bout de bras mais cette contrainte ne fut pas acceptée. 3. L’A.M. 2000/22345 du 13 avril 2000 déplaça le Stevia de la liste 3 (plantes utiles et autorisées) vers la liste 1 des plantes interdites. Le 23 septembre 1997, lorsque J. Geuns annota son Stevia, celui-ci était donc en liste 3, plante donc connue des experts belges et reconnue non toxique, et n’était pas un nouvel aliment. Le Stevia eut pu et dû avoir trouvé à ce moment une solution nationale bénéfique pour le développement du pays et le bien-être de tous, dans l’esprit préconisé par le parti écologiste. L’A.M. en décida autrement. Le traitement que lui infligea la Commission d’Avis aux Plantes est indigne et contre-productif, et le professeur eut raison de le souligner. 4. Ce même A.M. du 13 avril 2000 classa en liste 1 le Geissospermum (plante amazonienne connue sous le nom Pao pereira, supposée anti-cancéreuse) alors qu’il n’était pas listé auparavant. Il était inconnu en Belgique jusqu’au 13 avril 2000 et donc un nouvel aliment échappant à la législation nationale. Ce classement illégal en liste 1 d’une plante nouvelle s’est effectué sans aucune justification, était le fait du prince. 5. L’A.M. du 13 juin 2007 classa à nouveau le même Geissospermum (i.e. le Pao pereira) dans la liste 1 et déplaça l’Aspidosperma (i .e. le Pao do mato) de la liste 3, -plantes utiles-, vers la liste 1, -plantes interdites-, sous prétexte de toxicité alors même que la Commission d’Avis aux Plantes avait interdit en 2004 l’utilisation de l’argument de toxicité à cette fin et qu’une étude clinique probante sur Sidéens (il ne s’agit plus ici de lapins et de rats) avait prouvé son incontestable utilité pour améliorer de façon significative l’état des malades immunodéprimés.
La contingence, associée à l’insulte, est le moyen le plus sûr de décourager l’initiative privée et le Ministère de la Santé ne s’est pas privé d’en user pour décourager l’usage de compléments alimentaires utiles.
2. D. Leloup. La réponse du CSS est longue et je ne veux pas entrer dans cette discussion de qualification des experts, sinon pour concorder avec l’opinion qu’il est tout à fait possible pour un expert de n’être ni un pervers malhonnête ni un obsédé du lucre et qu’il peut donner un avis objectif même s’il a des intérêts ou si son activité engendre des conflits d’intérêt : il peut résister à la tentation et très souvent et normalement le fait (e.g. le professeur Geuns). Dans le cas « influenza H1N1 » qui préoccupe le CSS, le problème ne fut pas le choix d’un producteur indigène de vaccin par rapport à un producteur étranger mais bien s’il fallait vacciner. L’utilité de la vaccination ne fut pas questionnée et aurait dû l’être parce que la réponse est connue de tous : « non » alors que tous les experts ont dit « oui ».
Les vaccins utilisés les années précédentes étaient-ils aussi nécessaires et efficaces que le vaccin anti H1N1 ? La question fut posée à l’occasion d’une absence de couverture vaccinale annuelle due à une rupture de production, qui n’eut pas pour conséquence l’épidémie hivernale attendue et redoutée. T. Jefferson (Lancet n° 9461, 365, 26 février 2005) montra que la vaccination d’enfants entre 6 et 14 mois avait un effet pratiquement nul au niveau des jours d’hospitalisation et des déclarations de maladie, jusqu’à l’âge de 16 ans. L. Simonsen (Archives of internal medicine, february 14, 2005) montra que le nombre de morts dus à la grippe chez les personnes âgées de plus de 65 ans est très similaire chez les vaccinés et les non vaccinés. L. Simonsen conclut que le vaccin augmente la susceptibilité des plus de 65 ans à la grippe, ce qui engendre une demande accrue pour le vaccin. J’ajoute à cela une observation personnelle qui corrobore la conclusion de Simonsen et que beaucoup d’autres ont pu vérifier par eux-mêmes : madame ma mère se faisait vacciner chaque année en automne, était chaque hiver clouée au lit avec la grippe et se faisait revacciner chaque nouvel automne par prévention, alors que tous les autres membres de la maisonnée, i.e. son fils et sa belle-fille, ses 3 petits-enfants et leurs époux ainsi que les bambins fils et filles de ses petits-enfants qui la visitaient chaque mercredi,- ce qui fait beaucoup de monde-, passaient chaque hiver sans vaccination et sans dommage. Cette observation anecdotique est d’un niveau d’évidence IV et non du niveau d’évidence scientifique I auquel prétend le CSS, mais il a le mérite d’être clair.
Qu’ajouter à cela sinon que nul ne peut prétendre à l’infaillibilité et que s’appuyer, comme insiste le CSS, sur un cénacle d’experts affirmés infaillibles et sur « des organes d’avis internationaux compétents en la matière » dont il faut accepter et la compétence et les conclusions les yeux fermés, est un exercice contre lequel tant J. Geuns que D. Leloup ont eu raison de s’élever ?